Heiura, les verts polynésiens Rotating Header Image

Il y a toujours une solution

Au delà des critiques que nous pouvons formuler sur les choix gouvernementaux, il y a toujours des solutions… encore faut-il avoir envie de sortir des schémas habituels. Lorsque l’on se soucie de la collectivités, des autres, du nunaa… il y a toujours des solutions. Lorsque l’objectif est de rendre à la population les services qui lui sont dus… il y a toujours des solutions. Lorsque l’on pense et que l’on agit dans la perspective du développement durable… il y a toujours des solutions. Lorsque l’on pose correctement les problèmes sans chercher à en occulter certains aspects… on trouve toujours des solutions… et en général de bonnes solutions.

Voici quelques pistes de réflexions en chiffres et en images.

  • Consommer local Consommer local
  • Montée des eaux Montée des eaux
  • Embouteillages Embouteillages
  • Fin programmée de l’école normale

    Instit

    Instit

    DE L’ECOLE NORMALE MIXTE A L’INSTITUT UNIVERSITAIRE DE FORMATION DES MAITRES OU LA CHARRUE AVANT LES BŒUFS !

    L’Ecole normale mixte de Polynésie française (ENMPF) avait pour mission première la formation initiale des enseignants du premier degré : maternelle, élémentaire, CJA. Deux types de concours étaient proposés : Interne pour le personnel en poste appelé communément suppléant ; Externe pour tout bachelier. La seconde mission était la formation continue de l’ensemble du personnel enseignant.

    Installée depuis 1977 à Pirae, l’ENMPF va disparaitre au mois de juin 2011 avec sa dernière promotion. La formation sera assurée entièrement par l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM), de compétence Etat. La transition arrive à terme, avec une situation ubuesque ! Une formation dispensée par l’IUFM parallèle à celle de l’ENMPF… chacun des centres de formation faisant sa cuisine dans son coin… et cela, sans émouvoir les différents gouvernements !

    Un objectif flou

    Aujourd’hui, nous sommes en droit de nous poser la question de l’objectif recherché par la suppression de l’ENMPF et son remplacement par l’IUFM. La Polynésie française, en adoptant les normes nationales, relève le niveau de recrutement des futurs enseignants, devenus professeurs des écoles (PE) en les obligeant à passer par une formation universitaire. Ce choix politique aura réussi à créer une énorme machine inefficace pour finalement passer à côté de son objectif. Avec l’IUFM, on rentre dans le monde des paradoxes. En apparence, le niveau de recrutement des futurs enseignants s’est accru, puisqu’il faut être titulaire d’une licence pour intégrer l’IUFM, là où il fallait simplement le bac pour entrer l’ENMPF.

    Premier paradoxe, le nombre de licenciés polynésiens est insuffisant pour couvrir les besoins… Le concours et la formation universitaire étant de compétence Etat, tout titulaire d’une licence, polynésien ou non, peut y prétendre. Si cela n’a rien de choquant en terme de droit, se posent néanmoins des questions de fond. Bon nombre de candidats non polynésiens, simplement de passage, profite de cette aubaine pour présenter le concours, le réussir, suivre la formation… puis quitter le territoire. Ainsi, l’IUFM forme des cadres normalement pour la Polynésie… mais en réalité les perd. Compte tenu du faible nombre de licenciés, le dernier recrutement a vu s’affronter 90 candidats pour 50 places… Peut-on encore appeler cela un concours avec une sélection sérieuse ? Au dernier concours de l’ENMPF il y avait plus de 500 bacheliers… pour 50 places ! Parfois, en voulant rehausser le niveau à l’entrée… on finit par le baisser en sortie ! L’achèvement du processus par le recrutement au niveau master, aggravera le problème. Bel exploit !

    Un avenir inquiétant

    Outre le rôle social et la dimension d’océanisation des cadres, l’ENMPF formait des normaliens, futurs instituteurs de catégorie B. Cette mission avait deux exigences : une réflexion théorique indispensable et un enseignement basé sur une pratique pédagogique fondamentale. Ainsi, les futurs enseignants étaient en situation réelle (sous tutelle ou en responsabilité dans une classe) pendant 22 semaines durant leur formation de trois ans, dont 10 semaines la troisième année.

    Dans le cadre de la formation à l’IUFM, les PE2 ne sont en situation réelle de contact avec les élèves, qu’un jour par semaine, puis deux fois trois semaines la deuxième… et dernière année. La première année les PE1 préparent le concours, avec deux semaines d’observation dans une classe ! On imagine facilement que ce système n’apporte pas les outils indispensables aux jeunes Professeurs des Ecoles sortants, PE2…

    Le troisième paradoxe n’est souvent que la conséquence de leur formation. Ces jeunes enseignants conçoivent leurs enseignements comme des cours magistraux… Et voilà donc parfois nos enfants de 3 à 11 ans renvoyés sur les bancs de l’université ! Livrés à eux-mêmes ou accompagnés par les équipes pédagogiques dans les écoles, ces professeurs d’école découvrent la réalité de leur métier. En d’autres termes, l’IUFM s’est débarrassé de la matière fondamentale, la pédagogie ! Rappelons que la dernière étude réalisée sur la pauvreté en Polynésie a clairement montré le lien entre l’échec scolaire et les situations de grande précarité !

    La passivité des autorités locales

    Cette situation était-elle inéluctable ? En regardant dans le Pacifique chez nos voisins Calédoniens, on trouve un embryon de réponse… Le gouvernement de la Nouvelle Calédonie s’est très vite positionné pour le maintien une formation de type Ecole Normale qu’ils ont ironiquement dénommée Institut de formation des maitres de Nouvelle-Calédonie (UFMNC). Ils ont également maintenu le concours de recrutement au niveau du bac et maintenu cette pédagogie en situation réelle. Peut-être l’Etat a-t-il cherché à remettre la main sur cette prérogative, mais la passivité de nos dirigeants s’est révélée d’une excellente complicité. Avec la disparition de l’ENMPF, le Pays perd un pan entier de la Charte de l’Education, et ce n’est pas rien.

    Dernier paradoxe et non des moindres… Pour faire des études universitaires avant d’intégrer l’IUFM, il faut avoir de l’argent… car les études coûtent cher. Elles coûteront encore plus cher s’il faut envoyer nos étudiants en métropole pour obtenir un Master. Aujourd’hui, se sont souvent les enfants de nantis qui peuvent se le permettre. L’Ecole Normale avait ce mérite de rester un ascenseur social, permettant aux jeunes issus de milieu modestes ayant bien réussi de briser le cycle social dans lequel ils évoluaient. Demain, avec l’IUFM…, l’ascenseur social ne fonctionnera plus, creusant davantage les écarts sociaux ! Jules Ferry doit aujourd’hui bien enrager.

    ET AU MILIEU COULE LE TUYAU…

    Lorsque l’eau est juteuse

    Après le juteux marché des ordures… voici celui de l’eau qui refait surface. Et lorsqu’il s’agit d’argent, tous les mensonges sont bons. Ainsi, pour un soit disant développement durable, M. Dominique AUROY s’apprête à saccager non pas une… mais deux nouvelles vallées. Quand on aime, on ne compte pas ! Il faut dire que le chef d’entreprise a choisi un associé de choix. Après Emile Vernaudon pour sa SEM HAAPAPE qui n’en finit pas de vendre l’eau au prix de l’or, voici Clarentz Vernaudon… a qui l’on doit de nombreux exploits tant financiers qu’environnementaux. Souvenons-nous de ses condamnations et de sa participation à la destruction du stade Pater pour les fameux XGames… de la construction en toute illégalité d’un « Fare Va’a » sur la pointe Vénus à Mahina. Bref, une équipe de choc pour un projet « chic ».

    Si la population est aujourd’hui obligée de s’insurger contre de tels projets dévastateurs, c’est parce que les pouvoirs publics sont à l’agonie. Nous vivons aujourd’hui dans une quasi anarchie ! L’inertie politique laisse le champ libre à tous ceux qui sont avides d’opportunités financières. La privatisation à outrance du développement énergétique de la Polynésie nous conduit dans une impasse. Les techniques ont considérablement évolué et se sont surtout diversifiées. Pour produire de l’électricité, il n’est plus nécessaire aujourd’hui de sacrifier une vallée. Le solaire, l’éolien, l’hydrolien, les usines marée motrices… les choix ne manquent pas. Mais voilà… il sont plus coûteux et ne sont pas aussi juteux. Car ce que les investisseurs attendent de voir couler des tuyaux qu’ils installeront à la presqu’île, ce n’est pas de l’eau… mais de l’argent.

    La cécité des pouvoirs publics

    Le pays doit se réapproprier au plus vite son développement énergétique et s’assurer que celui-ci participe pleinement au développement durable. Ce n’est pas aux multinationales de décider de notre développement énergétique. Tirons les leçons d’un passé pas si lointain… Grâce à l’intelligence de nos dirigeants, le marché de l’eau a été privatisé à Bora Bora… en l’espace de quelques années, les nappes phréatiques ont été vidées. Les piscines démesurées à ciel ouvert, les jacuzzis, les piscines privées des bungalows nécessitent journellement, et pour chaque couple de visiteur, la consommation mensuelle d’un ménage polynésien ! Les enfants de Bora Bora nés depuis 5 ans n’auront jamais connu le goût naturel de l’eau de leur île. Souhaitons-nous que nos enfants ne connaissent jamais leurs vallées ? Loin d’être placée sur la voie du développement durable, la Polynésie est plutôt engagée sur la voie du développement dur dur.

    Richesse concentrée et consommateur frustré

    Laxisme de nos dirigeants ou connivence avec les milieux d’affaire, progressivement, la Polynésie est devenu un magnifique gâteau que quelques familles se partagent. Non seulement la richesse est concentrée entre les mains de quelques uns, mais ces derniers restreignent systématiquement les possibilités de consommation de la population. L’étude menée sur la condition de vie des ménages révèle parfaitement ce triste constat : un quart des ménages sous le seuil de pauvreté, soit un tiers de la population. Devant ce triste constat quel a été la réaction de nos dirigeants : RIEN ! Pas même de la honte. Et pourtant, cette situation est sans lien avec la crise. Elle révèle un peu plus chaque jour les mauvais choix politiques et notre mauvais développement. La crise n’est qu’un alibi pour camoufler nos problèmes structuraux.

    Nous réaffirmons ici notre engagement pour un développement durable qui passe obligatoirement par un rééquilibrage de la richesse avec la mise en place d’un impôt sur le revenu. Dans le cadre des modifications statutaires, nous souhaitons la mise en place du Haut Conseil du Développement Durable. Cette instance aura, entre autres comme mission, le contrôle des situations de monopole et de cartel et la possibilité de démanteler, le cas échéant, ceux qui nuisent à la diversité de consommation, au développement de la concurrence et par conséquent à la mauvaise répartition de la richesse.

    Réponse à Gaston Tong Song

    Ne soyons pas dupes du jeu politique

    Avertis de manière officieuse de la volonté du Président du gouvernement de rassembler l’ensemble des forces politiques avant son déplacement à Paris, nous n’avons reçu l’invitation officielle qu’aujourd’hui même, lundi 30 août. Nous n’avons pas souhaité participer à cette réunion qui n’a aucun sens sur le plan politique… si ce n’est pour Monsieur Tong Sang, en perpétuelle recherche de reconnaissance. Les points de vues défendus par Heiura étant aux antipodes de ceux prônés par le clan autonomiste, nous ne voyons pas l’intérêt de cette rencontre. Nos points de vues resterons divergeants car l’ensemble des groupes et des personnalités qui composent le groupe autonomiste ont systématiquement prouvés que leur seul objectif était d’adapter la loi organique à leur besoins personnels. Pour Heiura, la loi organique doit offrir des perspectives aux polynésiens et non au seuls politiques qui ont conduit le pays à la catastrophe depuis les années 2000.

    Des réformes contraignantes pour les élus

    Les réformes que nous souhaitons et qui sont consultables sur ce site sont très contraignantes et si nous les souhaitons ainsi, c’est parce que le plus grand danger que nous courons est une fracture entre les électeurs et les élus. Il faut donc aujourd’hui des gages de confiance forts et seul un cadre très contraignant du contrat de l’élu est en mesure de restaurer l’intérêt pour la chose publique et d’inciter l’élu à oeuvrer pour le bien être collectif.

    Le courrier à Gaston Tong Sang

    Trouvez ci-dessous le courrier adressé au président

    Papeete le 30 août 2010

    Heiura les Verts - heiura@mail.pf

    Présidence de la Polynésie française

    Rue Pouvanaa a Oopa

    A

    Monsieur Gaston TONG SANG

    Président

    Objet : Votre invitation - Réf : n°2100 8 /PR

    Monsieur le Président

    J’ai le regret de vous informer que notre mouvement décline votre invitation. D’abord en ce qui concerne le choix de l’horaire, sachez que les responsables de Heiura ne peuvent se libérer de leurs activités professionnelles du jour au lendemain. Informé vendredi dernier de manière officieuse, nous n’avons reçu votre invitation que ce matin (lundi 30 août 2010).

    Par ailleurs, notre mouvement estime que vos positions, rendues publiques par les médias, sont à l’opposé des nôtres. Une telle rencontre, au caractère très précipité, n’aura ainsi de sens que dans une lecture très politique… Cela n’échappera à personne.

    Enfin, sachez qu’Heiura a pris ses dispositions pour répondre positivement à l’invitation de Madame la Ministre et s’entretenir avec elle. Dans un soucis d’efficacité, d’économie et de limitation de notre bilan carbone, nous nous entretiendrons sous la forme d’une visio-conférence, exploitant ainsi au mieux les nouvelles technologies.

    Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de mes sentiments distingués.

    Jacky BRYANT

    Nième loi organique

    1 Inscrire le développement durable dans la loi organique

    Le développement durable est le défi majeur intergénérationnel. Inscrire le développement durable dans la loi organique c’est, à l’instar du principe de précaution, se doter de l’outil législatif nécessaire pour lutter contre les comportements déviant en matière de gestion des ressources et des espaces naturels. Ainsi, nous souhaitons que soit inscrit dans la loi organique : « La Polynésie française s’engage à œuvrer à l’établissement d’un équilibre durable entre la nature, et en particulier sa capacité de renouvellement, et son utilisation par l’être humain »

     

     

    2 La modification du contrat de l’élu

    Le territoire polynésien souffre aujourd’hui tant de l’instabilité politique que de la sclérose des différents partis représentés à l’Assemblée. Les changements de majorités, les accords de circonstance, les rapprochements politiques entre des composantes idéologiquement opposées montrent que la pratique politique dévoie totalement l’engagement au service du peuple. L’élection à des fonctions représentatives est aujourd’hui un enjeu de carrière personnelle, carrière offrant plus que des avantages… des privilèges. La voie du peuple est dédaignée, méprisée, bafouée. Les citoyens sont aujourd’hui en rupture avec leurs représentants et pire, un climat de défiance règne entre l’électeur et la classe politique.

    Les changements de comportements ne s’obtiennent que très rarement par le bon vouloir de l’être humain. Le vote des femmes qui nous semble aujourd’hui si naturel n’a été obtenu que par une décision politique forte. L’entrée des femmes en politique n’a été obtenue que par l’établissement d’une loi établissant l’obligation de la parité. Ce changement n’est d’ailleurs pas encore tout à fait intégré et il faudra certainement encore 25 ans, soit une génération pour que les mentalités changent en profondeur et que la parité devienne un acte naturel.

    Il en va de même avec la pratique politique, ici plus qu’ailleurs. Le contrat qui lie l’électeur et l’élu doit être contraignant pour l’élu. Le renouvellement obligatoire de la classe politique st aujourd’hui le plus sûr moyen d’éviter les comportements déviants. L’engagement politique doit être le fruit d’une volonté de servir le peuple… même dans des conditions moins favorable qu’en travaillant dans le secteur privé. L’engagement politique doit retrouver toute sa noblesse.

    Pour y parvenir, Heiura ne voit pas d’autre possibilité aujourd’hui que d’ancrer en profondeur l’obligation de renouvellement de la classe politique et ce, en l’inscrivant dans la loi organique. Aussi, nous souhaiterions que la loi organique impose l’interdiction stricte du cumul des mandats et limite le nombre de mandats successifs.

     

    2.1 Le non cumul des mandats

    Aujourd’hui, bon nombre de maires sont aujourd’hui représentants à l’Assemblée, président de gouvernement, ministre etc… Obligatoirement, l’une de leur attribution est délaissée… au détriment d’une population qui leur a donné mandat pour s’occuper d’eux. Le non cumul des mandats est le moyen de renvoyer l’élu devant un choix, celui du mandat qu’il souhaite exercer. Nous éviterons ainsi le cumul des rémunérations, ce qui rendra l’activité d’élu moins attractive pour les profiteurs du système. Les communes ne seront plus délaissées comme c’est souvent le cas aujourd’hui. Les électeurs auront ainsi toujours un référent présent et dédié à l’exercice d’une fonction bien précise.

    Les sièges laissés par le non cumul des mandats, devraient en outre favoriser l’émergence de nouvelles personnalités politiques, personnalités qui favoriseront le renouvellement de la classe politique. Ainsi, avant de briguer un mandat différent du sien, l’élu devra annoncer clairement celui auquel il renoncera en cas du succès électif.

     

    2.2 Limiter la répétitivité des mandats

    Aujourd’hui l’élu a la sensation de pouvoir évoluer dans un système sans fin. Cela détermine son comportement et son sentiment d’impunité. Il s’agit là d’un engagement fort qui évitera les « carrières politiques » longues de plusieurs décennies. Si aujourd’hui la classe politique ne se renouvelle pas, c’est entre autre parce que les anciennes générations politiques refusent de céder leur place aux nouvelles. Contraindre leur durée de vie politique, c’est entre autre, limiter considérablement la mise en place de réseaux et de mauvaises pratiques.

    Limiter la répétitivité des mandats obligera toute personne briguant un mandat électif à peser le pour et le contre entre les bénéfices retirés de quelques années consacrées au service du peuple et les inconvénients de la mise entre parenthèse d’une carrière professionnelle.

    Limiter la répétitivité des mandats obligera les partis politiques à renouveler leurs cadres, leurs représentants. L’électeur ne pourra plus s’inféoder à une icône politique. Il devra davantage prêter attention aux idées et aux programmes politiques qu’aux hommes. C’est aussi en soit une maturation politique qui sera profitable tant à la démocratie qu’à la vie sociétale.

     

    2.3 Mettre fin aux indemnités post mandât

    La loi organique prévoit actuellement l’existence d’une « assurance chômage » de trois mois pour tout élu perdant son mandat. Cette disposition est totalement inique dans un territoire qui refuse catégoriquement l’instauration d’une assurance chômage au commun des travailleurs. Heiura souhaite que cette disposition soit retirée de manière à rendre encore plus vulnérable la situation de l’élu. Cette vulnérabilité constitue le moyen de rendre moins attractif le contrat de l’élu. L’engagement politique sera alors plus facilement le fruit d’un engagement sociétal.

     

     

    3 La modification du mode de scrutin

    En 2004, Jacques CHIRAC alors président, élabore un projet sur mesure pour son ami Gaston FLOSSE. La nouvelle loi organique et surtout son nouveau mode de scrutin sont supposés garantir au président de l’époque, une majorité considérable et durable. A l’issue du scrutin, Gaston FLOSSE tombe du haut de son piédestal. L’instabilité fait son entrée dans la vie politique territoriale.

    En 2007, Nicolas SARKOZY, et son ministre des DOM TOM Christian ESTROSIE, établissent une modification de la loi organique et du mode de scrutin afin de « ramener la stabilité au sein de l’hémicycle ». La démarche est à peine voilée et elle consiste à permettre à Gaston TONG SANG d’asseoir sa majorité à l’assemblée. Le verdict tombe… l’instabilité n’a jamais été aussi vivace.

    Sans doute est-il temps aujourd’hui de construire une loi organique pour les polynésiens… pour tous les polynésiens. La réforme du mode de scrutin est donc une nécessité.

     

    3.1 La situation actuelle

    La Polynésie compte aujourd’hui 6 circonscriptions électorales qui élisent globalement 57 représentants dans un scrutin par liste, à deux tours. Seules les listes ayant obtenu plus de 5% des suffrages au premier tour sont autorisées à fusionner au second tour. Les listes ayant obtenu plus de 10% des suffrages ont le droit de se maintenir au second tour… et d’absorber les plus petites listes. Il n’y a pas de prime majoritaire. Les 57 représentants sont aujourd’hui répartis comme dans le tableau ci-dessus.

    La réforme du mode de scrutin doit prendre en considération plusieurs éléments :

    • Le respect de la diversité politique des électeurs et leur possibilité d’exprimer un choix
    • La diversité culturelle et géographique de la Polynésie doit être représentée au sein de l’Assemblée
    • Le mode de scrutin doit permettre l’émergence d’une majorité stable dans l’hémicycle.

     

     

    3.2 Un tour ou deux tours

    Cette première préoccupation a tout son sens car aujourd’hui, on ne voit effectivement pas l’utilité d’un second tour. La loi autorise 48 heures à l’issue du premier tour de scrutin pour le dépôt des listes fusionnées. Ce délai, très court, engendre systématiquement des alliances circonstanciées, parfois contre nature, dans le seul but de « gagner » des élections. A ce jeu… c’est électeur qui perd à tous les coups. La perte est d’autant plus forte lorsque les grandes formations politiques dédaignent les plus petites. Dans ce contexte, on comprend parfaitement l’hostilité qui peut être accordée au maintien de deux tours de scrutins.

    Seulement, la pluralité de la vie politique et sa vivacité tient essentiellement au choix que les électeurs peuvent faire. Plus l’offre politique est vaste, plus l’intérêt politique s’accroît. L’instauration d’un scrutin à un seul tour freinera considérablement toute nouvelle offre politique. En effet, le risque électoral et budgétaire sera très élevé… tout comme le risque financier qui en découle. En effet, aucune fusion possible, aucune possibilité de défendre son point de vue dans l’entre deux tours. L’offre politique se restreindra et seules les grandes formations continueront à s’accaparer l’espace politique.

    Pour Heiura, le maintien d’un mode de scrutin à deux tours est le garant d’un meilleur fonctionnement démocratique. Il est légitime qu’une formation politique souhaite se présenter devant les électeurs de manière à savoir ce que ses idées représentent en termes de suffrages auprès des électeurs.

     

    3.3 Les pourcentages minimaux pour fusionner et participer au second tour

    Que les listes qui franchissent la barre des 10% puissent participer au second tour de l’élection paraît raisonnable. Que la limite à atteindre pour fusionner reste à 5% nous paraît également raisonnable. Relever la limite de représentation à 10% pour la fusion nous paraît une grave erreur. En effet, nous pourrions avoir 3 listes atteignant chacune 9% qui se verraient toutes trois refusées de participer au second tour. Cela signifierait que 27% des électeurs seraient privés de leur représentation… un chiffre trop important.

    La validité d’une décision politique repose tant sur sa qualité que sur le degré de représentation de celui qui la porte. Etre élu en ne représentant finalement que 20% des suffrages nous écarte du fonctionnement démocratique et contribue à l’éloignement entre l’électeur et l’élu. C’est la raison pour laquelle à Heiura, nous souhaitons que la limite de fusion des listes reste à 5% et que le seuil à atteindre pour participer au second tour reste 10%.

    Pourquoi fixer un seuil minimal ? En effet, il pourrait tout à fait être envisagé que tout participant, quel que soit son résultat au premier tour, puisse fusionner avec d’autres listes. L’absence de seuil peut provoquer l’émergence de listes plus farfelues les unes que les autres. La politique, aujourd’hui plus que jamais, doit préserver tout son sérieux et son importance. L’engagement politique ne doit pas être un acte léger.

     

    3.4 Circonscription unique… ou non ?

    Il s’agit là d’un débat important car comme nous l’écrivions au début de ce chapitre, la stabilité politique a un coût. Mathématiquement, seule la liste unique avec prime majoritaire de 30% est à même d’apporter la stabilité. Imaginons une situation où trois listes arrivent au coude à coude à l’issue du second tour. Les listes obtiennent respectivement 33%, 33% et 34%. La liste ayant atteint 34% se verra attribués 31 sièges sur les 57.

    Si la prime est inférieure de 5 points, le risque d’instabilité redevient équivalent à ce qu’il est aujourd’hui…

    Tous les autres systèmes peuvent mathématiquement conduire à des situations bancales. Pour Heiura, il importe donc de maintenir l’idée d’une circonscription unique avec prime majoritaire de 33%.

     

    3.5 La représentation des îles dans un tel contexte

    Comme cela a été écrit, le mode de scrutin doit permettre de conserver au sein de l’Assemblée la diversité géographique et culturelle de la Polynésie. Comment dans le cadre d’une élection à liste unique permettre la représentation des différents archipels ?

    Les élections européennes sont venues apporter une solution originale, notamment pour la circonscription des DOM TOM. Le même système peut être transposé aux six circonscriptions actuelles de la Polynésie. Considérons donc une liste unique pour l’ensemble des six conscriptions et l’attribution d’une prime majoritaire de 30% pour la liste arrivant en tête (soit 17 sièges). Chaque liste devra alors comporter 57 noms + le nombre de suppléants global actuel.

    Chaque liste devra être constituée de manière très stricte, en observant trois fois le cycle suivant :

    • 8 personnes en provenance des Iles Du Vent (IDV)
    • 2 personnes en provenance des Iles Sous Le Vent (ISLV)
    • 1 personne des Marquises (M)
    • 1 personne des Australes (A)
    • 1 personne des Tuamotu de l’Ouest (TO)
    • 1 personne des Tuamotu de l’Est (TE)

    Ainsi, la liste sera composée de la manière suivante :

    Les suppléants sont ensuite gérés selon leur zone de provenance de manière à ce qu’un élu des Australes soit remplacé par un élu des Australes et non par un élu d’une autre circonscription.

    La prime majoritaire est attribuée en fonction du poids relatif de chaque circonscription. Ainsi, la prime majoritaire se répartit comme suit : 11 sièges pour les Iles Sous Le Vent, 2 pour les Iles Du Vent, 1 pour les Marquises, 1 pour les Australes, 1 pour les Tuamotu de l’Ouest et 1 pour les Tuamotu de l’Est. Les 40sièges restant à attribuer sont dispatchés selon les suffrages obtenus dans chacune des circonscriptions.

    Exemple de répartition des sièges en cas de bipolarisation de la vie politique.

    Répartition majorité opposition : Majorité 33 sièges et opposition réunie 24 sièges

    Ce mode de scrutin a pour avantage de dégager une majorité tout en garantissant aux circonscriptions d’être représentées et de pouvoir élire leurs candidats. Comment sont ensuite choisis les élus sur les listes ? Simplement en fonction de leur numéro d’ordre par circonscription, comme décrit dans le tableau ci-dessous.

    Cette organisation permet en outre de résoudre le problème de la parité homme femme. En effet, on remarquera aisément que les places attribuées dans chacune des circonscriptions s’alternent sur le genre des candidats. La parité est alors respectée globalement et par circonscription.

     

    3.6 La réduction du nombre de représentants

    Cette question, aussi anodine soit-elle doit avoir une justification réelle. Comment en effet justifier la réduction du nombre de représentants ? L’évolution démographique a provoqué l’augmentation du nombre de députés, de sénateurs. Logiquement, l’accroissement démographique devrait justifier une augmentation du nombre de représentants, ou, a minima, une stagnation.

    La principale raison invoquée pour réduire le nombre de représentants est une raison budgétaire. Cette réponse est loin d’être la meilleure justification possible. Si le problème est financier, cela signifie que ce sont les niveaux de rémunération et les avantages liés à la fonction qu’il faut réduire. Le nombre d’élus correspond à un niveau de représentation de la population. Le problème budgétaire est quant à lui lié aux rémunérations et avantages (directs et indirects).

    Pour Heiura, la réduction du nombre d’élus ne s’impose pas. En revanche, la réduction drastique des niveaux de rémunération et avantages liés à la fonction est une obligation. au delà de la nécessité économique, il s’agit là d’une démarche aujourd’hui nécessaire pour rapprocher l’élu de l’électeur. De plus, la rémunération du représentant à l’assemblée doit être le fruit d’un vrai travail et non d’une simple présence. La même logique doit également sous-tendre la réforme du système de gouvernance.

     

     

    4 Vers la suppression des communes associées

    Les communes associées ont été constituées sur la base des anciennes chefferies. Elles ne disposent d’aucune autonomie ni administrative, ni financière. En revanche, elles interdisent l’élection à la proportionnelle dans de nombreuses communes aujourd’hui constituées de communes associées. Le fait que des groupes d’opposition ne puissent siéger au sein des conseils communaux est un frein à la modernisation de la vie politique et au fonctionnement démocratique. Ainsi, des communes comme Bora Bora, Huahine, Tahaa, Tumara, Avera pourraient parfaitement élire leurs conseillers municipaux à la proportionnel. C’est la raison pour laquelle, nous souhaitons la disparition des communes associées et l’instauration du vote à la proportionnelle dans les communes dont la taille de la population le permettrait.

    MANIFESTE DU 27 FEVRIER 2009

    DE NOTRE AVENIR A TOUS VERS DE NOUVELLES RELATIONS POUR DE NOUVEAUX ENJEUX

    « Vivons simplement pour que d’autres puissent simplement vivre » Mahatma Gandhi

    « Nous nous trompons lorsque nous ne voyons la sécurité qu’en termes purement militaires, comme si l’explosion démographique, la limitation des ressources et le viol de l’environnement étaient des risques de second ordre » Willy Brandt, 1986

    DE NOTRE AVENIR A TOUS, VERS DE NOUVELLES RELATIONS POUR DE NOUVEAUX ENJEUX

    AVANT-PROPOS

    L’alternance s’est amorcée en mai 2004, après 15 années de gouvernements Tahoêraa ayant régné sans partage. L’Union pour la démocratie, l’UPLD, menée par Oscar Temaru, composée du Tavini huiraatira, du Ia mana te nunaa, du Te hono e tau, du Here âià, du Âià âpi et d’Heiura, confirme alors aux élections anticipées de février 2005 sa victoire de 2004. Les 6 000 voix supplémentaires acquises en un an, portaient beaucoup d’espoirs.

    Mais les majorités relatives de UPLD de 2004 et 2005 ne résisteront pas aux coups de boutoir de l’Etat chiraquien. Fragilisées en leur sein par la valse des élus-girouettes, elles vacillent dans l’instabilité institutionnalisée. Les élections de 2008 marquent l’implosion du Tahoêraa, mais aussi l’esprit des Polynésiens. Le pouvoir semble avoir du goût… à tel point que les principaux leaders de l’UPLD se prennent au jeu. L’UPLD fraternise avec le Tahoêraa au nom de « la paix des braves après 30 ans de luttes Tavini – Tahoêraa ». Gaston Flosse, battu par les urnes retrouve son siège de président du gouvernement. Avec le concours des grands électeurs de l’UPLD, il est élu sénateur… dans la foulée !

    Mais cette combinaison que certains qualifieront de « contre-nature » vole en éclats en quelques mois. L’UPLD et le To tatou âià, de Gaston Tong Sang, nouvel allié du pouvoir central sarkozyen, composent alors une nouvelle majorité. Le Pays sombre irrémédiablement dans une double crise : structurelle et locale, conjoncturelle et internationale. La confiance des Polynésiens à l’égard de la classe politique est alors dès plus mince. Mais rien n’y fait ! Les Représentants de l’Assemblée surveillent leurs arrières. Ils jouent pour une nouvelle majorité, dont M. Gaston Tong Sang dira qu’elle est « inédite… qu’elle n’a pas encore été essayée » : To tatou âià – Tahoeraa. Le comble du mépris pour la mémoire des Polynésiens… Lui qui a fait toute sa carrière politique au Tahoêraa. Car le To tatou âià n’est finalement rien de moins que le tahoêraa bis !

    Les combinaisons majoritaires ont-elles redessiné le profil de l’UPLD ? On est en droit de se poser la question tant les comportements de ses leader se sont identifiés au modèle tant combattu ? L’alternance est-elle devenue une calamité ? « Tous les mêmes, tous pourris ! » entend-on répéter.

    Composant de l’UPLD, Heiura doit prendre en considération ces retournements. La composition des listes aux élections territoriales de 2007 était-elle déjà significative ? Le Tavini de M. Oscar Temaru manœuvre. Il privilégie ses militants, les plaçant en position éligible au détriment de la pluralité UPLD.

    Si rien n’est véritablement blanc ou noir entre autonomistes et indépendantistes, quelles sont les stratégies appropriées pour favoriser la présence d’élus Vert au sein des institutions ? Des synergies sont-elles possibles alors que de nouvelles dispositions électorales se murmurent ? De nouvelles combinaisons sont-elles possibles avec les formations politiques traditionnelles pour constituer une majorité ? Faut-il relever le défi en partant sous nos propres couleurs ? Les orientations de notre Assemblée Générale devront apporter des éléments d’orientations.


    SORTIR DES MODELES DE REFERENCE

    Les affrontements « idéologiques » autonomistes – indépendantistes ont été étonnamment vite surmontés ! La sortie de la crise nécessitait la « réconciliation » ! Certes. Mais trouver une majorité pour le « bien du peuple » avec un programme de gouvernement en un temps si court relèverait du miracle. On pourrait objecter que l’expérience UPLD – Tahoêraa a très vite montré ses limites. Mais souvenons-nous que dans la foulée de cette aventure, l’UPLD pactise avec le To tatou âià. Cette alliance est intervenue avant que le Tahoêraa ne se reconstitue dans une « fusion » avec le To tatou âià ! Peut-on décemment penser que derrière les affichages, les uns et les autres partagent les mêmes perspectives de développement ? Cette question est d’autant plus pertinente que les prétextes des divorces successifs ont du mal à être identifiés…. Témoignant du caractère « très artificiel » des pseudo différences idéologiques !

    Une approche productiviste

    Cette approche s’inscrit dans un enchaînement où tout repose sur le primat de l’économie. L’écologie est alors simplement conçue comme « une bonne gestion du gaspillage ». Elle n’est qu’un complément à une prétendue efficacité. La « politique environnementale » n’est en réalité qu’une succession de mesurettes adoptées au coup par coup, extensibles selon les urgences, et surtout compressibles selon les moyens. Paradoxalement, nos politiciens ne discernent aucune incompatibilité entre un « bon environnement » et une approche « pseudo capitaliste des affaires », entre la « protection de l’environnement » et les sacro-saints concepts que sont « la croissance et la compétition ».

    Les productivistes ont très vite intégré un comportement apparemment « éco-responsable ». Ils développent des campagnes de « communications vertes » sous la pression des ONG, des médias. Malheureusement, fondamentalement, rien n’est remis en cause. Si les moyens s’adaptent, évoluent, mutent, l’objectif quant à lui ne varie pas. L’argent reste une fin en soi.

    Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ne nous étonnons pas alors de la dégradation de la qualité de vie et du coût social très élevé de l’inégalité de répartition de la richesse. Le fossé est chaque jour un peu plus grands entre les nantis et les exclus. Pour les productivistes, « la fin justifie les moyens. »

    Une approche durable

    Cette conception de l’économie remet en cause le culte de la productivité, de la compétitivité, de la mainmise sur la nature et les ressources naturelles. L’économie écologique a pour vocation de subordonner la croissance au développement, le développement économique au développement social. L’économie devient alors un ensemble de moyens au service des éléments de la planète et de l’espèce humaine.

    Réduire les menaces écologiques exige une redéfinition des priorités locales, nationales, internationales. Ce n’est que dans cette perspective que le développement durable trouvera sa raison d’exister. Il est souvent opposé aux écologistes le caractère idéaliste voire utopiste de leur conception du monde. De la même manière, il est possible d’opposer à l’OMC (l’Organisation Mondiale du Commerce) que ses dispositions ne font que conforter les économies jugées « politiquement correctes ». Ne peut-on rien opposer non plus à l’interventionnisme des Etats du G8 face à la crise financière lorsqu’il s’agit de sauver leur logique économique !

    Citons pour terminer cette pensée de Gandhi « la fin est dans les moyens comme l’arbre est dans la semence.»


    DE L’EMPREINTE ECOLOGIQUE AU BILAN ENVIRONNEMENTAL

    L’empreinte écologique

    La mesure de l’empreinte écologique consiste à quantifier pour un individu ou une population, la surface bio-productive (terre et mer) garantissant la production des ressources consommées et l’absorption des déchets. La moyenne de consommation mondiale par habitant est de 2,5 hectares (0,6 hectare de plus que la surface disponible sur terre par habitant). Il faudrait aujourd’hui 1,3 fois la planète Terre pour assurer l’équilibre. Mais avec une population croissante et une répartition de la richesse elle aussi en déséquilibre croissant, nous atteindrons rapidement la nécessité de deux planètes Terre.

    Pour les pays riches, l’empreinte écologique est estimée à 5 hectares par personnes. Si tous les habitants de la planète consommaient comme ceux des pays riches, il faudrait déjà 2 planètes et demie pour atteindre simplement l’équilibre ! Heureusement que les consommateurs des pays pauvres font de la place à ceux des pays riches… L’épuisement des ressources naturelles impose déjà de trouver une seconde planète. La réaction par rapport à la situation est donc urgente !

    Les bilans environnementaux concourent au dispositif d’évaluation d’un indicateur écologique :

    • bilan des rejets gazeux ;
    • bilan des rejets liquides ;
    • bilan des productions de déchets ;
    • bilan de la consommation d’énergies ;
    • bilan de la consommation d’eau ;
    • bilan carbone.

    Le problème du nucléaire

    Comme tous les pays souillés par des essais nucléaires, le Fenua est confronté à l’épineux problème de la gestion des déchets nucléaires. A reculons, la loi Morin tente d’apporter des éléments de réponses aux besoins sanitaires des anciens travailleurs et militaires ayant servi à Mururoa et Fangataufa. Et uniquement pour ces derniers. Aucune disposition particulière sur la pollution environnementale. Pourquoi ne pas envisager la création d’un « indicateur de l’impact nucléaire » ?

    Ces évaluations ouvrent une nouvelle lecture des indicateurs économiques et sociaux, traditionnellement en vigueur. Plus globalement, la qualité de vie doit être prise en considération dans les indicateurs de richesse. Les éléments purement comptables faussent la lisibilité de la situation économique, sociale et environnementale réelle d’un pays. C’est la raison pour laquelle de nombreux économistes réclame aujourd’hui la prise en compte des dégradations environnementales dans le Produit Intérieur Brut. Il est trop abusif de concevoir la création de richesse si l’on refuse de considérer les dépenses nécessaires au maintient de l’environnement en l’état. Cette mesure de la richesse crée ou détruite est d’autant plus cruciale pour notre Fenua, puisque notre seul patrimoine est notre environnement, un cadre de vie que nous ne parvenons même plus à vendre aux touristes !

    Considérer l’état de la richesse uniquement au travers du Produit Intérieur Brut est un leurre, un mensonge qui nous conduira à terme dans une impasse. Prendre en considération la dégradation environnementale c’est certainement déjà concéder le fait que nous consommons plus que la terre peut produire… Ainsi, nous relativiserions de beaucoup le modèle pseudo capitaliste dans lequel nous évoluons. Nous nous rendririons compte que notre niveau de vie n’est finalement pas si élevé que cela… et qu’il est grand temps de troquer « le niveau de vie » pour « la qualité de vie ». Ce n’est qu’à ce prix que le Fenua entamera sa conversion vers le Développement durable.

    DES DISPOSITIONS INSTITUTIONNELLES

    La sortie du nucléaire

    Le Fenua sort de la bulle de la rente nucléaire et se confronte aux enjeux de la mondialisation. Le budget annuel voté par l’Assemblée de Polynésie cumulé aux dépenses de l’Etat hors dotation, avoisine les 350 milliards de F.CFP… pour 260 000 habitants (soit 1 400 000 F.CFP par habitant) ! Le Pays peut-il décemment se plaindre du manque d’argent ?

    Que l’apport de l’Etat soit considéré comme une compensation à l’impact du nucléaire, ou que plus pudiquement, il corresponde à la solidarité nationale à la politique fiscale injuste du Fenua… les gouvernements qui se sont succédés l’ont gaspillé.

    Un projet « d’Accords de Tahiti Nui » a germé… mais il sommeille. Les pseudo nouvelles majorités sont incapables de sortir de leurs conduites idéologiques. Qu’on le veuille ou non, « les Accords de Tahiti Nui » sont inévitables. Ils permettront de définir de nouvelles relations avec l’Etat, les investisseurs. Ils donneront des échéances, une lisibilité. Autonomistes comme indépendantistes redoutent un référendum d’autodétermination sur l’indépendance de la Polynésie. Les autonomistes ont peur d’une forte poussée indépendantiste et les indépendantistes ne souhaitent pas voir s’exprimer un profond désir de rester rattaché à la France. Pourtant de nouveaux enjeux frappent à nos portes, des enjeux qui méritent une visibilité, une stabilité et des réformes inscrites à très long terme. Que peut-on souhaiter voir inscrit dans ces accords de Tahiti Nui ?

    1. Une répondre aux enjeux environnementaux. : La Polynésie française s’engage à « œuvrer à l’établissement d’un équilibre durable entre la nature, sa capacité de renouvellement et son utilisation par l’être humain. »
    2. Donner de la lisibilité : L’Etat et le Territoire s’engagent à solliciter les Polynésiens par voie référendaire dans un délai de 20/25 ans sur son avenir au sein de la République. Ainsi, la règle est figée, elle est lisible pour tous et par tous.
    3. Réintroduire le Conseil des Archipels : Cette institution a été écartée lors des différentes modifications statutaires. Pourtant, à l’instar des Conseils Régionaux en France et dans les DOM, il apporterait des éléments de réponses aux besoins spécifiques de chaque archipel.
    4. Moraliser la vie publique : Il est nécessaire d’établir un « contrat de confiance » entre les politiques et les citoyens. Ce contrat passe par des contraintes fortes à faire peser sur les politiciens : non cumul des mandats, impossibilité de briguer plus de deux mandats identiques, obligation de présence à l’assemblée, réduction du nombre de conseillers, baisse drastique des avantages et des niveaux de rémunération.
    5. Introduire le principe du Développement Durable dans la loi organique : En introduisant le principe du Développement Durable dans le statut de la Polynésie, le Pays serait contraint de se doter de moyens pour sa prise en charge. Le Développement Durable est une réponse permanente à la fracture sociale. Notre action politique place l’Homme au centre de toutes les préoccupations, avec sa sensibilité de citoyen, de contribuable et de consommateur.

    COMMENT LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES VONT-ils TOUCHER NOS POPULATIONS ?

    Les résultats des recherches récentes exposés à la Conférence de Copenhague sont porteurs de nombreux enseignements. La controverse scientifique est aujourd’hui dépassée. L’activité humaine contribue aux changements climatiques, c’est une certitude. Certains pays sont déjà touchés par les effets de ce changement. C’est le cas de Tuvalu, de Kiribati ou des Maldives avec la montée du niveau des océans.

    Pour ces pays, les changements climatiques sont perçus comme des amplificateurs de menaces qui viennent s’ajouter aux cyclones, tsunamis et autres houles fortes. D’autres pays, d’autres peuples seront soumis à des insuffisances en terre, en eau, en nourriture etc… La migration de ces populations vulnérables, souvent en voie de développement, sera irrémédiable. Le risque de voir s’ouvrir de nouveaux conflits est manifeste. Car ses personnes ne demanderont pas poliment la possibilité d’être accueillies… elles franchiront les frontières sans autorisation pour préserver la seule chose qu’elles possèdent : leur vie !

    La Polynésie française n’échappera pas à ces changements. Nos îles basses, nos littoraux subiront les mêmes atteintes avec la montée des eaux. Cette problématique doit être débattue par tous car les décisions d’aujourd’hui sont destinées aux générations futures !

    La question de la protection de la terre et de l’eau est essentielle. En les déclarant patrimoine inaliénable, le Pays définit un nouveau code et les soustrait aux spéculations. Pour assurer l’accueil de tous les Polynésiens, il doit se réapproprier des ressources convoitées… des ressources dont la tendance est aujourd’hui à la privatisation par les communes. L’offre, la demande, la logique de marché ne pourront plus régler la ressource. Il nous faut nous émanciper avec pragmatisme et courage du modèle imposé… Les résistances seront fortes et nombreuses… Elles seront même politiques !

    La pire menace serait de laisser perdurer le système actuel, en risquant ainsi de donner raison à cette citation de Tom Wolfe « chacun d’entre nous est la somme de ce qu’il n’a pas calculé »… pensons à nos enfants voire aux enfants de nos enfants.

     

    MORUROA : RISQUES ENVIRONNEMENTAUX ET CHANGEMENTS CLIMATIQUES

    Par Bruno Barillot

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    Si les effets des 46 explosions aériennes réalisées par la France à Moruroa et Fangataufa se mesurent surtout aujourd’hui dans leurs répercussions sur la santé des personnels engagés sur les sites d’essais et des populations de l’ensemble des îles polynésiennes, les conséquences écologiques des essais souterrains sont autant d’épées de Damoclès suspendues au dessus des générations futures.

    Une des plus grandes erreurs des responsables du programme d’essais nucléaires de la France est d’avoir choisi des atolls, en plein milieu océanique, pour effectuer des essais souterrains. Les Américains qui avaient commencé leurs essais aériens dans le Pacifique et effectués quelques expériences souterraines dans le sous-sol des îles basses au large de l’Alaska ont vite compris le danger environnemental de telles explosions souterraines dans des îles et ils ont opté pour le site d’essais du Nevada.

    Des erreurs gravement préjudiciables à l’environnement

    Après 137 essais souterrains à Moruroa et 10 essais souterrains à Fangataufa, tous réalisés entre 400 et 1000 m de profondeur, les deux atolls restent – en plein océan – des foyers à risques de contamination de l’environnement en raison des matières radioactives subsistantes dont la durée de vie dépasse des dizaines de milliers d’années.

    Avec les déversements inconsidérés en mer, au large de la passe de Moruroa et de la zone Denise, de plus de 2700 tonnes de déchets radioactifs entre 1972 et 1982, les risques de contamination du milieu vivant océanique ont été accrus et n’ont jamais été contrôlés par des experts indépendants.

    De plus, l’état radiologique et la stabilité géologique de Fangataufa laissent subsister des doutes légitimes puisqu’aucune instrumentation de contrôle et de suivi permanent n’a été installée sur cet atoll depuis la fin des essais.

    L’altitude – l’élévation au-dessus du niveau océanique – de ces deux atolls ne dépasse pas trois mètres et des zones de Fangataufa (nord est) et de Moruroa (zone sud ouest) sont régulièrement recouvertes par les grandes houles du Pacifique. Le réchauffement climatique, avec l’élévation probable du niveau océanique, va donc toucher de plein fouet les deux atolls nucléaires. La surveillance radiologique et géologique sera rendue impossible et les risques de contamination du milieu vivant océanique seront abandonnés au gré des aléas climatiques.

     

    Un danger à court terme

    A Moruroa, les autorités du CEP ont violé les règles élémentaires et légales de gestion des déchets radioactifs. Des milliers de fûts de déchets radioactifs, des matériels contaminés en vrac, ont été utilisés pour boucher les sommets de 25 puits de tirs souterrains. Alors que la règle en matière de gestion des déchets radioactifs est d’empêcher absolument tout contact avec l’eau, les puits de Moruroa utilisés à cet effet baignent aujourd’hui dans les eaux ou sont situés en zones à risque d’effondrement.

    A titre de comparaison, les déchets radioactifs de même nature (très faible et faible activité) sont stockés en France – pour 300 ans – dans des sites très protégés du milieu environnant et des eaux pluviales et souterraines à La Hague (Centre Manche) et à Soulaines. Qu’en est-il exactement à Moruroa ?

     

    Le contenu de 27 puits de stockage de déchets radioactifs de Moruroa (Document du Ministère de la défense 2006)

    Nom

    Années d’enfouissement

    Nombre de viroles et de fûts

    Volume d’agrégats et de ferrailles de m3

    Activité totale au moment de l’enfouissement en becquerel

    Activité totale

    Activité totale

    Ara 5

    1981 – 1982

    878

    0

    2,20E+09

    Néant

    Ara 6

    1982

    159

    0

    NS

    Néant

    Ara 7

    1984

    161

    0

    5,90E+07

    Néant

    Dahlia 7

    1982

    27

    0

    NS

    Néant

    Dahlia 8

    1984 – 1985

    883

    0

    3,40E+10

    1,10E+12

    Dora 5

    1996 – 1997

    163

    0

    2,60E+09

    8,90E+08

    Dora 7

    1996

    141

    0

    4,40E+08

    2,75E+10

    Edith 8

    1983

    55

    0

    4,50E+08

    Néant

    Françoise 1

    1980

    398

    23

    NS

    2,10E+11

    Françoise 8

    1982

    137

    0

    NS

    Néant

    Fushia 2

    1981 – 1982

    59

    3

    NS

    Néant

    Fushia 3

    1982

    264

    550

    NS

    Néant

    Fushia 4

    1987

    52

    480

    7,40E+09

    3,50E+11

    Fushia 5

    1986 – 1987

    532

    20

    5,80E+08

    3,40E+11

    Fushia 6

    1987

    61

    662

    1,00E+10

    3,50E+08

    Queen 5

    1982

    205

    0

    NS

    Néant

    Thérèse 2

    1982

    354

    0

    NS

    Néant

    Thérèse 3

    1983

    577

    0

    3,50E+09

    3,00E+09

    Ursula 1

    1988 – 1995

    604

    0

    1,90E+09

    1,80E+13

    Viviane 3

    1982

    832

    0

    1,00E+08

    4,00E+10

    Yvonne 2

    1984

    325

    0

    1,20E+09

    9,30E+09

    Yvonne 3

    1986 – 1987

    99

    725

    9,10E+09

    4,20E+10

    Yvonne 4

    1987 – 1988

    266

    522

    1,40E+10

    7,30E+11

    Zoé 3

    1983

    420

    0

    7,40E+08

    Néant

    Zoé 4

    1984

    117

    0

    4,40E+07

    Néant

    PS 1

    1979 – 1996

    3332

    628

    2,10E+13

    7,00E+11

    PS 3

    1983 – 1997

    425

    1110

    2,30E+12

    2,20E+07

    Total

    11 526

    4 723

    2,34E+13

    2,16E+13

    Nota : (NS) résultat de mesure non significatif

     

    Situation des puits de stockage sur la carte de Moruroa

    Le document du ministère de la défense (diffusé aux membres du Coscen en 2006 par le Délégué à la sûreté nucléaire de défense) comporte avec le tableau ci-dessus, une carte sommaire pointant sur le pourtour de Moruroa, la localisation des puits de stockage désignés par une lettre initiale suivie d’un chiffre.

    Cette présentation cartographique est tout à fait insuffisante. En effet, aucune indication sur l’état de ces diverses zones de l’atoll où se trouvent les puits n’est signalée. Et pourtant ces informations sont capitales pour comprendre les risques environnementaux.

    Figure 1 – Carte de Moruroa indiquant les emplacements des puits de déchets radioactifs.

    Tous les emplacements des puits de déchets de la figure 1 correspondent à des tirs d’explosions souterraines dont il importe de connaître l’énergie. On mesurera ainsi les risques de déstabilisation des sols et de fissurations.

    Figure 2 : Les essais souterrains répartis par zones à Moruroa (document ministère de la défense)

    Les explosions souterraines, notamment sous le platier de Moruroa, ont engendré de graves problèmes de stabilité géologique. C’est d’ailleurs la raison principale du passage aux essais sous lagon à partir de 1981, après les graves effondrements en zone sud-ouest en 1978 et 1979.

    Figure 3 : Les zones de Moruroa fragilisées par les explosions souterraines (document ministère de la défense)

    On constate donc que les puits qui ont servi de stockages de déchets radioactifs sont situés dans les zones fragilisées et fracturées par les essais souterrains. En cas de déstabilisation ou d’effondrement d’une partie de la falaise océanique, non seulement les matières radioactives subsistant du tir souterrain, mais aussi les matériaux contaminés des sommets de puits vont se trouver directement dans le milieu océanique.

    Moruroa : Zone sud ouest

    • Les parois des puits de stockage ne sont pas bétonnées.
    • Les stockages de déchets radioactifs sont dans les puits en zones Ara, Zoé, Fuchsia, Yvonne : voir figure 1.
    • Les têtes de ces puits de stockage de la zone sud ouest (sites Ara, Zoé, Fuchsia, Yvonne) – voir figure 4.
    • Tous ces puits sont situés sur une zone à risque d’effondrements de la falaise côté océanique (voir figure 3). Des effondrements ont déjà eu lieu : 30 novembre 1978, effondrement de la falaise après le tir Priam à Coucou (à l’ouest d’Ara). 25 juillet 1979, effondrement de la falaise après le tir Tydée à Ara.

    Moruroa : Zone nord

    • Les parois des puits de stockage ne sont pas bétonnées.
    • Les stockages de déchets radioactifs sont dans les puits en zones Dora, Edith, Françoise (voir figure 1).
    • Les deux puits de déchets radioactifs de très haute activité (THA) sont situés sur la zone Denise.
    • Du plutonium subsiste en zone Colette, sur le platier et en bordure du lagon sous 10 m de fond.
    • Les puits Dora, Edith, Françoise sont situés sur la zone de Moruroa considérée actuellement comme à risque important d’effondrement de la falaise océanique (voir figure 3).

    Moruroa : Zone sud est

    • Les parois des puits de stockage ne sont pas bétonnées.
    • Les stockages de déchets radioactifs sont dans les puits en zones Ursula, Dalhia, Thérèse (voir figure 1).
    • Tous ces puits sont situés sur une zone à risque d’effondrements (voir figure 3)

    Figure 4 : Désignation des sites et quadrillage de Moruroa (Document Ministère de la défense)

    Le problème environnemental le plus urgent est posé par les puits de déchets de la zone sud ouest de Moruroa dont les sommets sont actuellement immergés (figure 4). En effet, l’altitude par rapport au niveau de l’océan est très basse, mais les explosions souterraines ont provoqué, en plus des effondrements de falaises océaniques de 1978 et 1979, un affaissement de terrain. Les déchets radioactifs de ces puits des zones Ara, Zoé, Fuchsia et Yvonne baignent-ils dans les eaux du lagon ?

    L’élévation du niveau océanique : un grave danger

    Les rapports annuels du ministère de la défense sur « la surveillance des atolls de Moruroa et de Fangataufa » n’abordent jamais les risques des changements climatiques pas plus que les répercussions des tremblements de terre ou tsunamis sur ces atolls fragilisés. Même si l’élévation du niveau océanique est progressivement, il ne fait pas de doute que les fracturations de la zone nord de Moruroa risquent d’être amplifiées, provoquant ainsi, plus tôt que ne le prédisent les géologues, des effondrements.

    Figure 5 : les sommets de puits de tirs de la zone sud-ouest immergés (document rapport Fairhurst 1999)

    Le dernier rapport du bilan géomécanique de Moruroa (2007) effectué par le CEA insistant sur la nécessité de poursuivre la surveillance conclut en ces termes peu rassurants : « Concernant la compréhension du comportement géomécanique, les mesures confirment que les mouvements en profondeur continuent de se manifester dans les trois zones. Leur mouvement respectif, bien que lents, évolue à différentes vitesses, entraînant des concentrations de contraintes en leur frontière, régulièrement relâchées en provoquant une petite sismicité. En zone Camélia, le glissement est plus lent mais intéresse un volume de roches plus important, englobant une partie de la zone émergée du platier qui présente un réseau de fractures visibles en surface, rendant la zone sans doute propice à des chutes de falaises. C’est en zone Françoise que les mouvements sont les plus rapides en profondeur. » En fait, c’est bien là qu’est le problème le plus inquiétant : les géologues du CEA ne disposent pas de moyens techniques pour surveiller les évolutions et les mouvements de terrain « en profondeur » qui, selon leur interprétation, pourraient être « toujours actifs ». Or, en profondeur, au niveau des cavités d’explosions souterraines, c’est là que réside le plus grand danger de déversement de matières nucléaires et de contamination de l’environnement océanique.

    Figure 6 : Les failles, d’une largeur de 2 mètres, visibles sous les eaux de surface de la zone nord de Moruroa. (Document du rapport de la Commission géomécanique internationale Fairhurst 1999).

    Les conséquences environnementales des essais nucléaires doivent être étudiées

    Cette fiche d’information apporte quelques éléments à une réflexion bien plus vaste et concrète sur les conséquences environnementales des essais nucléaires. La France est très en retard pour cette prise de conscience alors que des actions de restauration environnementale de grande envergure ont été engagées par les Etats-Unis aux Iles Marshall et par le Royaume-Uni en Australie et à Christmas Island.

    Lors du débat parlementaire sur la loi Morin, le ministre a rejeté les amendements incluant les conséquences environnementales des essais nucléaires. S’alignant sur le ministre de la défense, la commission des affaires économiques a également rejeté la proposition de mission d’information sur les aspects environnementaux déposée par le sénateur polynésien Richard Tuheiava.

    Cette « résistance » aux évidences incontournables des dommages environnementaux causés par les essais nucléaires est pourtant en contradiction avec la volonté du gouvernement central de faire de l’environnement un « noyau dur » de son action tant au niveau national que sur le plan international.

    Pour engager un suivi des conséquences des essais, la Polynésie est en avance sur la Métropole avec le Coscen et la Délégation. Ces « institutions » sont aujourd’hui renforcées par le soutien des organisations de défense de l’environnement qui ajoutent le fait nucléaire à leurs préoccupations.

    Gageons que cette réflexion polynésienne sur les conséquences environnementales des essais nucléaires permettra de vaincre ces « résistances » et les frilosités officielles de nos partenaires de Métropole.

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    Copenhague : L’avenir de nos enfants

    Copenhague… C’est parti !

     

     

    Notre délégation est actuellement à Copenhague et se bat pour que la voix de la Polynésie se fasse entendre. Les journalistes l’ont heureusement bien compris, seuls ceux qui sont réellement menacés par le changement climatique et la montée des eaux ont une véritable légitimité pour s’exprimer.

    Se faire entendre

    C’est cette authenticité du discours que les journalistes recherchent fort heureusement. Ainsi, notre délégation multiplie les interviews et les conférences de presse. Le film que nous avons réalisé à cette occasion permet aux journalistes de mieux comprendre la réalité du Fenua. Ainsi, au delà des discours officiels aseptisés des dirigeants politiques, ceux qui subissent déjà ou qui subiront le réchauffement climatique parviennent à se faire entendre dans les différentes manifestations en marges de la réunion officielle. Les conférences se déroulent au DGI-BYEN, un centre aménagé pour la circonstance. La première conférence sonnera le début des rencontres non officielles où les Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont la possibilité de s’exprimer. Ce sont ces rencontres qui sont le plus attendues médiatiquement, et notre délégation en fait bien évidemment partie.

     

    Le sommet de Copenhague est quant à lui uniquement ouvert aux officiels : chefs d’état, 1er ministres etc… Ce sommet est ouvert depuis mercredi dernier et l’on attend les principaux chefs d’états pour la semaine du 14 au 19 décembre. Ainsi, Richard Tuheiava qui a médiatiquement annoncé sa participation au sommet prendra la conférence en route. Cependant, sans laissez-passer aucune chance d’accéder à l’enceinte officielle. Les forces de police sont hyper renforcées et il est difficile de se rapprocher.

     

    Faire des rencontres

    Notre délégation s’est naturellement rapprochée de celles d’autres pays voisins (Kiripati, Australie) ou aux problématiques comparables (Maldives). Les rencontres sont fructueuses, elles permettent de distribuer notre DVD, de faire connaître les problématiques de notre territoire, mais aussi de s’informer sur l’état des recherches climatologiques. Ces grands rendez-vous sont aussi le moyen de retrouver des amis de longue date comme ceux de Greenpeace.

     

    Tout est bon… pour le pognon

    Certains profitent de cette conférence pour promouvoir leurs dernières technologies et tenter de concilier business et écologie… Ainsi, cette voiture électrique chinoise. Même si le mélange des genres et parfois limite venant d’un des plus gros pollueurs de la planète… la course au pognon nous permettra peut-être d’arriver à des choix plus écologiques.

    Jacky Bryant en interview sur Arte TV : Cliquez Ici

     

    9ème motion : le fenua en piteux état

    A chacun son statut

    Il serait impossible de comprendre les événements qui déstabilisent une nouvelle fois, le Fenua, sans revenir aux origines du mal.

    En 2005, Jacques Chirac, Gaston Flosse et le Tahoêraa se prévalaient d’un statut censé assurer une majorité stable. Erreur de logistique ! Commence alors la valse des Représentants qui instaurent l’instabilité.

    En 2007, Christian Estrosi, l’homme fort de Sarkosy, Gaston Tong Sang et To tatou âià obtiennent un nouveau statut lui aussi censé garantir une majorité stable. Nouvelle erreur de logistique… et la musique se répète.

    En résumé, avec deux modifications statutaires le Pays se retrouve dans la même situation d’instabilité que la France métropolitaine sous la 4ème République. En faisant désigner le président du Pays par les Représentants, on ouvre toutes les options. Sept gouvernements, sept motions de censure (ou de défiance) quelques milliards d’indemnité chômage dans la poche de nos politiciens et l’instabilité est institutionnalisée, portée à la fois par une loi électorale désastreuse et des politiciens sans aucune autre moralité que celle de l’argent et du pouvoir !

    A quand une loi organique pour les polynésiens et de nouvelles élections ?

    Le président du Pays est ainsi devenue une institution en elle-même. Il est donc urgent de le désigner au suffrage universel. Heiura les verts avait proposé cette option lors de la visite de la commission du Sénat menée par le sénateur Cointrat.

    L’inconstitutionnalité de la démarche nous avait alors été opposée. Soit. Mais alors, comment peut on expliquer que certaines dispositions soient jugées « inconstitutionnelles » pour nous… alors qu’elles ne le sont pas pour la Nouvelle-Calédonie ? Ainsi, la représentation du corps électoral tient compte de la durée d’installation en Nouvelle-Calédonie… ce qui est pourtant jugé inconstitutionnel.

    Nous finirions par penser que l’instabilité est une situation bien commode pour l’Etat ? Une sorte de « les Polynésiens ne peuvent pas se faire entendre, puisque leurs élus ne les entendent même plus.» Faut-il attendre que du sang soit versé par une population désabusée, menacée par le chômage, ou tout simplement excédée… parce que etc !

    Flossisme sans Flosse

    Cette nouvelle motion de défiance n’est pas destinée à créer une rupture avec la politique (ou l’absence de politique) menée par Oscar Temaru et ses diverses combinaisons… elle est la reconstitution du Tahoêraa et de ses combines. L’esprit et l’éducation Flossiste continuent plus que jamais à manœuvrer, avec en plus, comme l’affirme haut et fort Edouard Fritch, le soutien du mentor. Seule différence, l’ancien chef d’orchestre est en garde à vue à Nuutania ! La justice jugée « coloniale » par certains qui n’ont eu de cesse de supplier l’implication de l’Etat, sauvera t-elle notre Pays du chaos ?

    Budget, de l’impasse à la non sincérité en passant par la solidarité capitaliste

    L’impasse

    Où trouver aujourd’hui 14 milliards de F.CFP ? C’est la question à laquelle doivent répondre les membres du gouvernement puis ceux de l’assemblée. Cela fait maintenant près de 4 mois que cette situation est connue de tous. Pourtant, ce n’est qu’au dernier moment que la réflexion s’anime. Les caisses sont vides, l’activité économique n’a malheureusement pas atteint son plus bas niveau et le chômage est inévitablement en augmentation. Pourquoi si peu de réactivité ? Le spectacle qui nous est offert est calamiteux, et à lui seul, il permet de comprendre que le gouvernement ne cherche pas l’argent là où il faut.

    Pour Heiura, l’argent, il est chez ceux qui en ont et le seul moyen de leur demander de contribuer à la fiscalité à hauteur de leur moyen, c’est par le biais d’un impôt sur le revenu. Aujourd’hui, la fiscalité indirecte a atteint toutes ses limites. Les plus démunis et les classes moyennes n’ont aujourd’hui plus rien à donner et comme c’est essentiellement sur eux que porte la fiscalité… il n’y a plus d’argent qui rentre. Il est donc risible et honteux d’entendre un Jean Christophe BOUISSOU refuser catégoriquement cet impôt sur le revenu. Au moins sa position a le mérite d’être claire : « les pauvres et les classes moyennes doivent continuer à payer pour les plus nantis… » Bel élan de générosité et de solidarité.

    La non sincérité du budget

    Le budget ne sera pas sincère, c’est une certitude. Les chiffres jetés pêle-mêle sur le papier n’ont jamais été étudiés. Pour preuve, la dernière mouture sortie tout droit du chapeau, l’augmentation de la TVA, de l’I.S. et d’autres taxes toujours et encore… indirectes. Certes, mathématiquement, on atteint l’enveloppe souhaitée côté recettes. Mais pour garantir l’équilibre, le gouvernement et son ministre de l’économie se gardent bien de répercuter l’impact de ces réformes sur les charges. Car les prix vont bel et bien augmenter et sans doute de manière plus que proportionnelle aux augmentations fiscales. Par conséquent, les charges des administrations publiques vont augmenter… mais si l’inflation s’avère trop importante, les salaires eux aussi pourraient être revus à la hausse. Le budget n’est donc pas sincère.

    Rappelons les orientations du gouvernement TONG SANG en matière fiscale… Le gouvernement To Tatou âià et Tahoêraa d’alors décident de baisser d’un point le taux de la TVA réduite en nous annonçant que cela correspondait à une perte budgétaire de 2 milliards de F.CFP. Bilan de l’opération, aucun impact sur les prix et 2 milliards de pertes budgétaires pour le territoire. S’il ya eu baisse de recettes fiscales avec des prix constants, c’est que la manne est partie dans les caisses des entreprises sous forme de marge. Devinez qui était ministre de l’économie et du budget à l’époque ? Même cause, même effet à propos du projet « solidarité ».

    Autre aberration… le prix des médicaments. Les médicaments sont assujettis à une TVA à taux majoré (16%). Or la Caisse de Prévoyance Sociale rembourse les médicaments sur la base de leur valeur TTC. Le gouvernement prélève la TVA sur les médicaments, utilise cet argent pour le reverser à la CPS dont les besoins sont sans cesse plus importants… puis la CPS le reverse aux usagers via les remboursements. A chaque étape, bien évidemment il y a des frais de gestion. Plus on augmente le taux de TVA sur les médicaments, plus on place la CPS en difficulté ! Pourquoi ne pas exonérer les médicaments de TVA ou les ramener au taux réduit (5,5%) ce qui diminuerait d’autant les remboursements et donc allègerait le budget de la CPS. A l’heure où le gouvernement planifie l’équilibre budgétaire par une élévation des taux de TVA intermédiaire et majoré… il ya de quoi s’inquiéter !

    Par conséquent, en l’état, le budget qui sera présenté aux élus de l’assemblée est donc non sincère et les élus de l’Assemblée doivent savoir qu’en l’approuvant, ils cautionneront un mensonge éhonté à la population.

    QUAND CERTAINS ELUS S’AMUSENT, Ça DONNE

    Depuis quelques années, le budget n’est porteur d’aucune politique sérieuse. Rien n’est planifié. Pas étonnant dans ces conditions que l’économie stagne. Rien ne peut commencer avant le vote du budget et tout doit s’arrêter avec. L’année suivante, on recommence autre chose. Le budget du pays doit s’inscrire dans la continuité et offrir des perspectives sérieuses et crédibles à long terme. L’assemblée est élue pour 5 ans… les perspectives doivent avoir au moins cette durée. Pour que des mesures économiques aient un impact, elles doivent s’inscrire dans la durée et offrir de la lisibilité aux acteurs économiques… comme aux administrations ! Ces élus ne se rendent pas compte que les Polynésiens sont fatigués de leur jeu de poker menteur !

    La solidarité capitaliste

    Le Taui mené par Oscar Temaru a prôné le changement revendiquant sa sensibilité de gauche. Visiblement… des promesses ! En refusant une nouvelle fois de rééquilibrer la pression fiscale pour faire peser davantage la fiscalité sur les plus nantis, le gouvernement affiche clairement sa préoccupation incessante pour défendre les intérêts des plus riches. L’illustration parfaite en est la T.I.S. à la fois sur le plan économique et sur celui de la sémantique. En effet, où se trouve la « Solidarité » dans une taxe payée davantage par les plus démunis et les classes moyennes ? Le terme de « solidarité » est d’ailleurs dévoyé quels que soit les réformes fiscales du gouvernement.

    Les pays qui résistent le mieux à la crise sont ceux où la fiscalité est essentiellement assise sur le revenu avec de faibles distorsions entre riches et pauvres… comme les pays nordiques… à méditer !